mardi 18 juin 2013

Deuxième étape : Monistrol d'Allier - La Clause

Le 9 /05

Ce matin, je me lève le premier, Christophe préférant rester dans son lit en attendant que je prenne ma douche. Lorsque j'en reviens, il m’apprend qu'il a beaucoup plu toute la nuit. Je lui réponds que j'ai dormi comme un loir et que de ce fait, je n'ai rien  entendu.
J'imagine alors la nuit que nous  aurions pu passer si d'aventure, nous avions choisi de monter nos tentes sur un hypothétique bout de terrain plus ou moins plat après Saint Privat !!

Lorsque je jette un coup d'oeil à l'extérieur, je constate qu'il fait un temps à ne pas mettre un pèlerin dehors et que la pluie et la brume envahissent toute la vallée.
Je sais que le dicton dit que la pluie du matin n'arrête pas le pèlerin, mais la météo me laisse pourtant perplexe !!!
J'ai quand même l'espoir de voir une petite éclaircie et je commence à faire mon sac. Il faudra une bonne heure et demi pour entrevoir les premiers rayons du soleil qui bien vite réchaufferont un peu cet atmosphère hitchcockienne.
Je décide de partir le premier et propose à Christophe de l'attendre au premier endroit du village, où il a mayen de prendre un petit déjeuner. 
Sur cet entrefaite, le ciel s'est dégagé un peu plus et la brume a presque quitté la vallée.



Lorsque j'arrive au pont qui enjambe la rivière de l'Allier, je rencontre un autre pèlerin qui, comme moi, vient juste de mettre son nez dehors. Il fait une photo du pont construit par un certain Mr Eiffel !!! Ce sera ma première rencontre avec Jef. Il y en aura encore bien  d'autres tout au long de notre périple vers Compostelle.
Après avoir franchi le pont d'acier, je rentre, comme prévu dans le premier établissement et je commande déjà mon petit déjeuner en attendant l'arrivée de Christophe. Il ne devrait pas me louper puisque j'ai laissé mon sac à l'entrée de l'établissement. Mon breakfast à peine servi, voilà mon compagnon de route qui arrive. 

Pendant le repas, la discussion tourne bien évidemment autour de la grosse difficulté de la journée qui nous attend. Nous avons été bien prévenu et les avis ont été tous unanimes pour nous dire que la montée de Monistrol est un véritable calvaire. 



Le breakfast terminé, nous passons au petit magasin du bled, qui fait aussi boulangerie, pour acheter notre ravitaillement pour la journée.  Nous sommes prêts à partir.
Dès la sortie du village, le dénivelé de 500 mètres se dresse devant nous. Une seule solution s'offre à nous : attaquer l'ascension sans trop regarder vers le haut, sous peine de se froisser la nuque. 
Je monte à mon rythme. Ma mise en jambe n'est pas encore terminée que Christophe est déjà bien devant moi. Il prendra une telle avance que je ne le reverrai plus jamais. Les jours suivants, j'aurai beau demander aux autres pèlerins s'ils ont des nouvelles de lui, mais personne n'en aura plus avant plusieurs semaines.

De mon côté, je suis obligé de reprendre mon souffle régulièrement. Lorsque je jette un coup d’œil dans la vallée, je constate avec soulagement que mes efforts ne sont pas vains. L'arrivée à la chapelle de la Madeleine m'offre le prétexte de pouvoir souffler plus longtemps. Ce qui est appréciable. Mais ma petite halte prolongée aura pour conséquence de voir arriver la première pèlerine qui est partie ce matin de Saint Privat. Inutile de dire que lorsque j'ai vu Olga, une canadienne d’Ottawa,  débouler de la sorte sur une pente si raide, cela m'a fait l'effet d'un tel déplacement d'air que j'en suis resté tout éberlué. Sur cette véritable leçon de volonté, je reste humble et je reprends de plus belle, le chemin pentu !!




Après deux heures de difficultés, je termine enfin cette pénible ascension et je découvre à nouveau de grands paysages verdoyants. 



Je traverse différents villages sur les monts de Gévaudan. Peu avant celui de La Clauze, je choisis un endroit agréable pour monter ma tente. Je verrai ainsi passer tous ceux qui ont choisi d'aller jusqu'au hameau Le Flazet. Je retrouverai par la même occasion et pour le plus grand plaisir, Greg, Paul et sa petite amie qui est greque.

lundi 17 juin 2013

Première étape : le Puy en Velay - Saint Privat d'Allier

Le 8 /05

L'office terminé, le prêtre a invité les pèlerins à se rassembler au pied de la statue de saint Jacques. Après quelques brèves explications sur l'importance de ce point de départ du pèlerinage, il a demandé à chacun de nous d'où on venait. Nous avons pu ainsi nous rendre compte  que ce pèlerinage attirait des gens de différentes cultures. Dans l'assemblée, il y avait bien sûr, un grand nombre d'européens venus tous azimuts, mais aussi des japonais, des canadiens,  et même un libanais. Visiblement, cela intéressait notre prêtre car il avait un petit mot, une précision ou même une anecdote pour  chaque pèlerin.  
Le tour des participants terminé, il nous a remis une médaille souvenir tout en nous souhaitant un très bon chemin.

Je ressors de  la cathédrale. Devant moi, le grand escalier qui descend dans la ville, semble m'indiquer le chemin à suivre. 


En guise d'au revoir, je jette un dernier regard vers la cathédrale, une nouvelle aventure commence pour moi. Le moment est important car je ne sais vraiment pas comment je vais réagir au fil des jours de trek. J'ai bien une certaine "habitude" des gros efforts en Himalaya, mais ici, la distance qui me sépare de Santiago est nettement plus grande que les treks que j'ai effectués précédemment. C'est donc une nouvelle expérience qui se présente à moi et qui me pose bien des questions.



Pour autant, je ne démarre pas vaincu d'avance, aussi non je serais resté bien évidemment à la maison. Je commence donc ce périple de manière encore plus réservée que d'habitude sur l'idée d'arriver forcément au bout. 

L'objectif du jour, c'est d'aller jusqu'à Saint Privat d'Allier. Il y a 23 km, ça cela devrait quand même aller !!!!


Au bas de la rue, juste en face de la fontaine dite du "Choriste" premier arrêt pour faire un approvisionnement à la boulangerie. Pour le reste, j'ai ma gourde et mon saucisson pour mon étape du jour. La baguette sous le bras, je peux maintenant quitter le Puy. La sortie de la ville est un peu compliquée et je me trompe déjà de rue. Pas pour longtemps car immédiatement une brave dame me montre la bonne rue que je dois emprunter pour rejoindre les monts du Velay. J'arrive déjà à la sortie du Puy et me voici directement confronté à ma première montée. A peine en jambes, j'arrive au sommet, le souffle court. Heureusement que que ce premier effort n'est pas vain car la vue sur la statue de Notre-dame de France, le cloître de la cathédrale et le rocher Saint Michel d’Aiguille est imprenable. Hélas la vue m'a tellement séduite que j'ai oublié de l'immortaliser par une photo.

Après, le GR 65 devient un chemin caillouteux, fini le bitume pour le restant de la journée. C'est ici que je rencontre Christophe. Christophe est un suisse qui est venu à pied de Genève et il a bien l'intention, comme moi d'aller jusqu'à Compostelle. Nous ferons le reste de l'étape ensemble. 
Pour notre plus grand plaisir, nous continuons sur le sentier au milieu de grandes prairies vertes qui se transforment en cette saison en une immense étendue de fleurs jaunes.



Après les prés colorés, le terrain devient plus accidenté et de grandes crevasses verdoyantes s'offrent à nos yeux tout éberluer par le spectacle.

A Saint Christophe sur Dolaison, nous faisons une petite halte. Je profite de l'occasion pour me restaurer et remplir ma gourde à la fontaine. Le petit bourg est sympa et son église trône fièrement au milieu de la place.


Tout de suite après le village, la nature reprend ses droits.


Après 10 km et peu avant le village de Montbonnet, nous arrivons à la chapelle Saint Roch. Pendant que je fais des photos, Christophe choisit de continuer son chemin pour pouvoir réserver une chambre avant que le gros de la troupe n'arrive à l'étape. L'idée est bonne car en ce long weekend du 8 mai,  il y a plus de monde que d'habitude sur le GR 65.
Pendant que je profite du coin, je retrouve d'ailleurs une autre belge de Bruxelles avec qui j'avais déjà parlé peu après notre départ de la cathédrale.

De mon côté, le coin me semble tellement charmant que je flâne un peu dans les alentours de la chapelle avant de continuer mon chemin. La suite du parcours est plus grimpant et avant la descente sur Saint Privat d'Allier, j'arrive à une altitude de 1200 mètres. 



Après un petit bois, c'est le village le Chier. Il fait beau, je décide de faire une petit halte près de l’abreuvoir du village. L'étape n'est plus très loin, nul besoin de se presser puisque je vois Saint Privat dans la vallée. Après cette détente bienfaitrice, je termine l'étape en roue libre. 

Lorsque j'arrive au village, je retrouve Christophe qui est attablé en terrasse au Gîte - Bar "le Kompost'L" . Lorsque j'arrive à sa hauteur, il m'annonce tout de suite la couleur, il n'a trouvé qu'un lit de libre dans le gîte au lieu de trois !!! Lorsque la bruxelloise arrive à son tour, nous lui proposons de lui donner le lit de libre et nous, nous allons chercher une place pour ouvrir nos tentes après le village. Le marché est conclu et nous buvons un verre de bière ensemble.
Lorsque Christophe et moi quittons Saint Privat d'Allier, nous ne trouvons que des terrains en pente, impossible d'y monter nos tentes et décidons de continuer jusque Monistrol d'Allier qui se trouve à +/- 7 km. 

Le GR 65 emprunte un étroit chemin où on ne retrouve que des éboulis de roches plus casse-gueule les uns que les autres. C'est avec soulagement que j'arriverai bien après Christophe au gîte communal du village. 
Ici ce n'est pas la même cohue qu'au village précédent, nous serons d'ailleurs les seuls occupants du gîte.
Pendant que Christophe prépare un spaghetti sauce tomates, moi  je prends une douche bienfaitrice puis je  m'allonge un peu sur mon lit en attendant que le dîner soit prêt.
Si la journée d'aujourd'hui fut longue, mais pas forcément trop difficile, si ce n'est le dernier tronçon pour rejoindre Monistrol,  il en sera tout autrement demain. Car après avoir traversé le village, nous serons confrontés à un terrible dénivelé positif de 500 mètres avant de rejoindre le hameau de Montaure. Mais ça, ce sera pour demain, alors nul besoin de se casser la tête avant la confrontation.  

Direction le Puy-en-Velay

Le 7/05

Le réveil sonne, il est 4h45, j'emballe directement mes affaires dans mon sac. Je plie ma tente et je me dirige vers la gare. Sur place, je fais un brin de toilette dans un local réservé à cet effet, puis je déjeune avec les restes d'hier soir, avant de prendre le train comme prévu à 6h03. 
Aujourd'hui, le ciel est complètement gris et les températures ne sont vraiment pas très élevées pour la saison. Lorsque j'arrive à Aurillac, le soleil commence seulement à vouloir percer les nuages.
A 10h50, je quitte Aurillac sous un ciel plus clément. Dans 2 heures, je serai enfin à Puy-en-Velay. Je ne peux hélas pas dire que j'ai fait le bon choix en prenant l'avion à Charleroi pour  Rodez, puis encore deux trains et un bus pour rejoindre le Puy. J'aurais gagné beaucoup de temps en prenant directement un train à Bruxelles et passer par Saint Etienne pour rejoindre le Puy. Cela ne m'aurait pris que 9 heures. Mais bon, pas de regrets à avoir puisque j'ai le temps devant moi !!




Me voici enfin à destination. Comme tout bon pèlerin, je me dirige directement vers la cathédrale pour aller y chercher mon créanciale, sorte de passeport (obligatoire en Espagne) qui me permettra de dormir dans les gîtes et que je ferai tamponner tout au long de mes étapes comme le veut la tradition sur les chemins de Compostelle.




Le créanciale en poche, je visite la cathédrale.




 Puis je fais un tour dans les vieux quartiers de la ville pour me diriger ensuite vers le gîte "l'accueil des pèlerins" pour y réserver une place afin d'être certain de passer la nuit au chaud !!





Je suis accueilli par des bénévoles qui me montrent mon lit et me donne quelques consignes à prendre pour le bon déroulement de mon passage dans le gîte.
Une des bénévoles remarque mon dorge que j'ai autour du cou. Elle me demande d'où il vient ? Je réponds que je l'ai acheté au Zanskar ! Elle me demande alors si je connais le monastère de Karsha ? .......... La discussion est lancée et nous nous découvrons même une amie commune qui s'appelle Brigitte. Brigitte est une française qui s'est occupée de la construction, sur les terres du monastère de Karsha, d'un petit hôtel destiné à ceux qui font le chadar en hiver. Folle aventure qui lui a pris 5 années de sa vie et qui malgré les difficultés de constructions dans une région si éloignée, est arrivée à un résultat surprenant.

Le soir, je vais manger avec Paolo, un autre pèlerin qui a déjà fait le chemin. La soirée est courte. Demain je prévois de me lever à 6h afin de pouvoir assister à la messe à la cathédrale et à la bénédiction des pèlerins, avant de prendre moi-même les chemins vers Compostelle.

Comme d'habitude, je ferai tout au long de mon périple des photos et écrirai mes textes afin que vous puissiez, à votre façon, suivre mes pas qui, je l'espère, me conduiront jusqu'à Santiago. C'est du moins le but que je me suis fixé.

A bientôt à tous

Serge (Holidaytrip)

dimanche 16 juin 2013

Rodez aéroport, pour rejoindre le Puy en Velay

Le 6/05

13 heures : je suis à Rodez aéroport. Ici pas de transport en commun pour rejoindre le centre ville qui se trouve à un peu plus de 10 km. Je décide donc de faire du stop pour aller jusqu'à la gare SNCF. Pas le temps de déposer mon sac qu'une voiture s'arrête déjà. La personne me demande si je vais au centre ? oui plus exactement à la gare. La dame de Rodez me dit que je peux monter et me propose même de faire un détour pour m'amener directement à la gare. Tout commence donc très bien pour moi, mais cela ne pouvait évidemment pas durer ainsi !! Lorsque j'arrive au guichet pour acheter mon ticket pour rejoindre Puy-en-Velay, le guichetier me dit qu'il n'y a plus de train aujourd'hui pour le Puy. Le prochain train n'est prévu que pour demain et encore, il ne part qu'aux alentours de 16h30 !!!! Après avoir envisagé diverses solutions, le guichetier me propose de rejoindre Figeac, d'y passer la nuit et de repartir le lendemain (6h00) en train pour Aurillac. De là, un bus me conduira au Puy. L'option me semble valable et j'achète donc mes billets. 
J'arrive à Figeac à 17h. De la gare, je me dirige directement vers le centre-ville, afin d'y faire quelques courses pour me sustenter. Les achats terminés, je commence à chercher un gîte pour la nuit. Hélas tous sont complets, même chez les carmélites et je suis obligé de chercher un coin tranquille pour monter ma tente. Ce coin sympa, je le trouverai après une bonne heure de recherche. Je monte immédiatement ma tente, mange un bout et je me couche immédiatement car je suis crevé.

samedi 18 mai 2013

Direction Figeac

Bonjour,

Décidément, la météo n'est pas au rendez-vous pour Serge. Ce matin, samedi 18 mai,, il pleut des cordes sur St Roch. Il espère une accalmie pour pouvoir prendre la route, pardon le chemin, et rejoindre  Figeac, encore aujourd'hui.
Oui, il avance bien, malgré le fait que depuis 2 jours, il souffre d'une tendinite qui l'embête pas mal.  
Heureusement que les paysages qu'il traverse sont magnifiques. Il prend pas mal de photos  et je suis déjà impatiente de les voir.
Vu la mauvaise météo, Serge privilégie le logement en gîtes, ce qui lui permet de faire des rencontres intéressantes avec d'autres pèlerins et d'échanger les péripéties de leurs journées respectives.

Voilà donc les dernières nouvelles de mon pèlerin de mari.

A bientôt.

Pascale ( Tripinette )

dimanche 5 mai 2013

Nouvelles de notre pélerin

Bonjour à tous,

Ce lundi 6 mai, Serge s'est envolé pour Rodez et  a rejoint Puy-en-Velais, départ de son pèlerinage pour Compostelle.
Mercredi, après avoir assisté à la messe, il a démarré fort en parcourant plus de 30 kilomètres pour sa première journée de marche, soit 2 étapes en une. 

Aujourd'hui, dimanche 12 mai, il a attrapé son rythme et après 20km dans des paysages magnifiques, il est arrivé à Saint Chély d'Aubrac.
Côté météo, ce n'est pas terrible. Les nuits sont tellement froides qu'il préfère loger dans des gîtes. Ce matin, il y a même eu de la grêle. Brrr ! Allez, courage !

J'essaierai de vous informer au fur et à mesure de son périple.
A bientôt.

Tripinette


jeudi 21 mars 2013

Préparation des chemins de Compostelle


Je ferai les chemins de Compostelle (en solitaire) par le Via Podiensis, c'est-à-dire, à partir du Puy-en-Velay. Parmi les quatre grandes voies historiques, elle est aujourd'hui la plus fréquentée. Son attrait provient beaucoup de la beauté de son itinéraire, des trésors architecturaux qui la jalonnent.
Ce chemin est un sentier de grande randonnée, le GR 65. Il est balisé sur toute sa longueur permettant de s'y déplacer sans difficulté.



Le chemin me conduira à Conques, Figeac où là il me faudra descendre directement vers Cahors. Peu après Aubrac, après avoir entamé la descente vers le Lot et avant Belvézet, il y a le chemin de Bonneval qui commence (point de repère, une croix). On passe alors à Condom d'Aubrac et l' abbaye de Bonneval (26 km), qui se trouve 8 km dans le nord d'Espalion. C'est un parcours splendide et sauvage qui mène à ce lieu magique et isolé, où vit une communauté de religieuses cisterciennes. Chemin balisé en bleu clair. 
Autre changement. Il serait très intéressant de continuer le GR65 jusqu'à Béduer et là, commencer la variante du Célé. Ce sentier va alternativement longer le Célé, grimper sur des falaises, emprunter de minuscules sentes au milieu des buis et traverser de splendides villages. Saint-Cirq-Lapopie (un des plus beaux villages de France), puis Bouziès avant de partir sur Cahors en longeant le Lot. 

Après ce sera selon les envies, continuer de toute façon le GR 65, mais en empruntant peut-être d'autres variantes possibles. A voir sur place. Cette nouvelle aventure est en tout cas prometteuse. 
Le départ est prévu pour le 7 mai 2013. Normalement je ferai au moins Le Puy-en-Velay jusqu'à la frontière espagnol.
Là, Pascale viendra me rejoindre avec Christian (un ami d'Angers) pour passer une semaine de visite dans la région. Après rien n'est certain, soit je rentre avec eux à Angers, soit je continue jusqu'à Compostelle. Si c'est le cas, alors je retournerai de Compostelle à Angers, où Pascale viendra une nouvelle fois me rejoindre, cette fois chez Christian, afin de passer quelques jours là-bas avant de rentrer sur Bruxelles. A voir.

Le credencial. Il est de tradition de ramener de son voyage à Compostelle une sorte de triptyque où l'on fait apposer un cachet à chaque halte par le gite, le curé du village, la poste etc...  Attention: Appelé "credencial del peregrino" en Espagne, ce carnet du pèlerin est obligatoire pour pénétrer dans les "albergues de peregrinos" ibériques. 
La créanciale peut être retirée aux heures d'ouverture de la sacristie de la cathédrale : en avril, mai, juin, tous les jours de 10 à 12h et de 14 à 18h.

Même si j'ai l'intention de partir avec ma tente, il sera bon de faire l'acquisition du carnet car en cas de trop mauvais temps, il me sera alors possible d'aller dormir dans un gite.




Chemin Le Puy-en-Velay - Conques - Figeac.


Du Puy en Velay à Aumont-Aubrac

Le chemin est dans l'ensemble praticable jusqu'à St Privat d'Allier. Seuls quelques petits passages caillouteux où il faut faire attention.

Après St Privat, l'ultime descente sur Monistrol. 

Après Monistrol, la première partie de la remontée sur Saugues est importante. Après un grand lacet, le chemin redevient praticable, tout en restant très raide.

De Saugues à La Roche, parcours forestier et bucolique. Au-delà et jusqu'à Aumont- Aubrac, fin d' étape facile Il semble que le parcours sur le GR ne présente pas de difficulté majeure

D'Aubrac à Conques

A la sortie du hameau de Belvezet, est bon. La descente entre St Chély et St Côme d'Olt est un vrai régal. A partir de St Côme d'Olt, rester dans la vallée du Lot, qui, très plate, repose jusqu'à Estaing.

Au-delà d'Estaing, la montée est très raide. Pas de difficulté jusqu'à l’extraordinaire site de Conques.
La remontée sur le plateau à la sortie de Conques est encore plus raide. Utiliser la route. Au-delà, parcours parfois accidenté mais sans encombre par Decazeville, Livinhac, Montredon, jusqu'à Figeac. Paysage vallonné, chemins assez larges dans l'ensemble. C'est une bonne étape calme de transition mais bosselée quand même.

Etape
DE
A
Distance (km)
Cumul (km)





11
Conques
Decazeville
20,0
224,0
12
Decazeville
Figeac
28,5
252,5


A Béduer, le GR emprunte la belle vallée du Célé par Boussac et Corn, jusqu'à Brengues. Au-delà de Brengues, il entame une série de remontées et de descentes du causse, jusqu'à Cabrerets. Entre paysage de causse et vallée encaissée vaut vraiment la peine. Parcours assez physique, un peu caillouteux.

De Cabrerets à Bouziès , parcourt qui monte. 
Un peu avant Bouziès, le Célé se jette dans le Lot, près du village médiéval de St Cirq Lapopie qu'il faut absolument voir, de préférence tôt le matin ou tard le soir. 

A l'arrivée sur Cahors, si la montée au Mont St Cyr par le chemin piétonnier est agréable par son panorama.

Etape
DE
A
Distance (km)
Cumul (km)





13
Figeac
Faycelles
3
255,0
14
Béduer
Sainte-Eulalie
11,0
266,0
15
Sainte-Eulalie
Saint-Sulpice
13,0
279,0
16
Saint-Sulpice
Montagnac
17,0
296,0
17
Montagnac
Bouziès
17,0
313,0
18
Bouziès
Cahors
32,0
345,0
19
Cahors
Moissac
64,5
409,5
20
Moissac
Auvillar
20,5
430,0
21
Auvillar
Lectoure
32,3
462,3
22
Lectoure
La Romieu
19,0
481,3
23
La Romieu
Condom
16,0
497,3
24
Condom
Eauze
33,0
530,3
25
Eauze
Nogaro
20,0
550,3
26
Nogaro
Aire-sur-l'Adour
28,0
578,5
27
Aire-sur-l'Adour
Arzacq-Arraziguet
33,5
611,8
28
Arzacq-Arraziguet
Arthez-de-Béarn
28,5
640,3
29
Arthez-de-Béarn
Navarrenx
29,5
669,8
30
Navarrenx
Aroue
18,4
688,2
31
Aroue
Ostabat
22,0
710,2
32
Ostabat
Saint-Jean-Pied-de-Port
20,5
730,7
1522,0


Le chemin de Compostelle en Espagne



Etape
DE
A
Distance (km)
Cumul (km)
1
Saint-Jean-Pied-de-Port
Roncesvalles
26,5
26,5
2
Roncesvalles
Larrasoaña
27,0
53,5
3
Larrasoaña
Pamplona - Cizur Menor
19,7
73,2
4
Pamplona - Cizur Menor
Puente-la-Reina
19,0
92,2
5
Puente-la-Reina
Estella
22,9
115,1
6
Estella
Los Arcos
20,6
135,7
7
Los Arcos
Logroño
28,8
164,5
8
Logroño
Nájera
28,2
192,7
9
Nájera
Santo Domingo de la Calzada
21,3
214,0
10
Santo Domingo de la Calzada
Belorado
25,1
239,1
11
Belorado
San Juan de Ortega
24,4
263,5
12
San Juan de Ortega
Burgos
28,8
292,3
13
Burgos
Hornillos del Camino
19,1
311,4
14
Hornillos del Camino
Castrojeriz
19,7
331,1
15
Castrojeriz
Frómista
26,1
357,2
16
Frómista
Carrión de los Condes
20,8
378,0
17
Carrión de los Condes
Calzadilla de la Cueza
16,8
394,8
18
Calzadilla de la Cueza
Sahagún
24,3
419,1
19
Sahagún
Mansilla de la Mulas
37,4
456,5
20
Mansilla de la Mulas
León
18,7
475,2
21
León
Hospital de Orbigo
36,0
511,2
22
Hospital de Orbigo
Astorga
16,5
527,7
23
Astorga
Rabanal del Camino
21,5
549,2
24
Rabanal del Camino
Molinaseca
25,9
575,1
25
Molinaseca
Villafranca del Bierzo
31,7
606,8
26
Villafranca del Bierzo
O Cebreiro
27,9
634,7
27
O Cebreiro
Triacastela
21,1
655,8
28
Triacastela
Sarria
18,5
674,3
29
Sarria
Portomarín
22,6
696,9
30
Portomarín
Palas de Rei
25,1
722,0
31
Palas de Rei
Arzúa
29,5
751,5
32
Arzúa
Lavacolla
29,6
781,1
33
Lavacolla
Santiago de Compostela
10,2
791,3
SANTIAGO DE COMPOSTELACABO FISTERRA87,0878,3

Description du trajet en Espagne.

Saint-Jean-Pied-de-Port 

Départ de Saint-Jean-de-Pied-de-Port, situé à quelques kilomètres de la frontière espagnole. L’endroit est baptisé ainsi pour sa situation géographique au pied d’un col (un port) culminant à 1057 m. 30 km plus loin, à Auritz-Burguete, on est dans le Pays-Basque espagnol, à 45 km de Pampelune, sa capitale. A Puente la Reina (Pont de la Reine) petit arrêt au Pont des Pèlerins, constitué de 6 arches enjambant le rio Arga, avant de rejoindre la dernière étape : Villamayor de Monjardin. 

Après avoir quitté Villamayor de Monjardin et son petit air de Provence, passer quelques villages pour arriver à Los Arcos. La ville se situe sur une plaine en bordure du Rio Odron. Il y a là l’étonnante église Santa Maria dont l’extérieur est roman et l’intérieur baroque espagnol. Prendre des sentiers paisibles jusqu’à Logrono, une ville imposante comptant 150.000 habitants. Un magnifique pont (datant de 1884) de 7 arches vous permet d’entrer dans la cité qui abrite le monastère Santa Maria la Reale, fondé en 1044. Dans la Province de Burgos (Castille), la dernière étape est Belorado. De nombreuses familles de cette petite ville ont contribué à l’exploration des Amériques.

Départ de Belorado, dans la Province de Burgos. Il faut passer par Villafranca Montes de Oca, ville installée dans un décor accidenté. Son premier évêque aurait été nommé par Saint Jacques en personne ! Plus loin, Burgos et sa superbe cathédrale aux tours dentelées – la troisième d’Espagne par sa taille.  Sortir la ville en traversant les campagnes arides – attention au soleil car peu d’arbres ! Dernière étape de votre parcours : BoadilladelCamino, petit village de 132 habitants, perché à 732 m d’altitude.

Les haltes dans les villages seront d’autant plus appréciées ! L’église de San Martin de Fromista ne manquera pas de vous intéresser. Son apparence extérieure, certes très jolie, est surtout due à une restauration menée au début du 20e siècle. A Carrion de los Condes, faire une pause à l’église Santiago pour y admirer le splendide Cristo en Majestad. Près de la ville, le monastère de San Zoilo, datant du 10e siècle, offrait autrefois le gîte aux pèlerins. Les villages se succèdent dans un paysage plutôt plat et aride jusqu’à Leon, la capitale de la Province homonyme, votre dernière étape.
A noter que, tout au long de ce parcours, on aura peu d’occasion de s'abriter du vent et du soleil. La végétation y est rare.

Avant de quitter Leon, voir la cathédrale gothique (13-14e siècle) ainsi que la basilique Saint Isidore dédiée à l’archevêque de Séville. A 50 km de là, Astorga, une ville bimillénaire. Elle se situe sur la route d’argent (Via de laPlata) vers Saint Jacques. La ville est riche en vestiges romains et en édifices religieux. Ensuite étape à Cruz de Ferro, la Croix de Fer. Une croix métallique est plantée au sommet d’un monticule rocheux. La tradition veut que les pèlerins y déposent une pierre de leur pays. Dernière étape : Ponferrada et son château sorti tout droit d’un conte de fée.

En quittant Ponferrada, ne pas manquer un petit détour par le château des templiers et son élégant hôtel de ville datant de 1542. A Villafranca del Bierzo, la tradition veut que le pèlerin touche la porte gauche de l’église : la porte Del Perdon. En effet, au Moyen-Age, bon nombre de pèlerins étaient trop épuisés pour arriver jusqu’à Santiago. Le Pape décida alors que toucher cette porte suffirait à donner le même pardon que l’arrivée à Saint-Jacques.
Après quelques kilomètres, on est non sans peine (ça grimpe !) à Herrerias. Voir où on marche afin d’éviter de piétiner la pierre du diable ! Selon la légende, Lucifer attendait ici les pèlerins pour tenter de les empêcher de rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. Le Saint, qui finit par s’en lasser, transforma le diable en pierre ! Plus loin, à O Cebreiro, Belle vue de pallozas, des maisons coniques coiffées d’un toit de chaume très volumineux (de 10 à 20 mètres de diamètre).

En quittant Sarria traverser une succession de villages. Les sentiers sont agréables, la végétation y est dense, en atteste le subtil parfum de l’eucalyptus. A Portomarin, l’église pourrait vous intriguer. Chaque pierre y est numérotée. Et pour cause, le monument a été démonté et reconstruite brique par brique lorsque le village d’origine a été englouti par la montée des eaux du barrage. On aperçoit, le long des chemins, des Horreos. Il s’agit de chapelles sur pilotis. Ce sont en fait des silos à grain ! Avis aux gourmands qui ont le luxe de faire une pause : les spécialités régionales sont le poulpe, le fromage, le veau, la pâtisserie et la pâte d’amande. A Lavacolla, dernière ville avant Santiago, il était de tradition de se laver les pieds dans la rivière afin de se présenter propre à Saint-Jacques de Compostelle.
Ça y est ! Voici à Santiago, but ultime du pèlerinage. La capitale de la Galice abrite 95.000 habitants.  La ville compte 7 portes et une enceinte de protection. Dans la magnifique Cathédrale, on peut, entre autres, admirer le tombeau présumé de Saint-Jacques l’apôtre.